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Comment le philosophe Plotin perçoit le monde ?

L’odyssé de l’âme

« Enlève tout ! » il l’ordonne. L’âme humaine doit tout retrancher, supprimer tout ce qui l’encombre et l’alourdit. En répétant et en appliquant ce mot d’ordre, elle délaissera la séduction des apparences sensibles et des plaisirs immédiats. Elle accomplira son être véritable et pourra atteindre les principes supérieurs, à commencer par l’Intellect, dont elle provient et auquel elle aspire. 

Comme Ulysse, l’âme doit accomplir sa propre odyssée. On insiste souvent sur les ruptures qui semblent marquer le système plotinien, et sur le saut que représente l’expérience ultime qui est indicible de l’union avec le Bien. Il veut restituer l’unité du système et la continuité qui relie les niveaux qu’il distingue soit l’Âme, l’Intellect et le Bien. Il montre qu’il s’agit fondamentalement d’une continuité de la raison, sous ses différentes formes, et que l’odyssée plotinienne, plutôt qu’une ascension mystique, est avant tout une démarche rationnelle. 

Une terrible beauté

Plotin téta sa nourrice jusqu’à l’âge de huit ans. A l’exception de quelques frictions dorsales, il négligeait résolument de se laver ou encore de se soigner. Il souffrait aussi d’un flux de ventre qui le rendait pestilentiel et contraignait ses amis à changer de trottoir quand ils le croisaient. Quand les malheureux qui lui frictionnaient le dos moururent de la peste, il attrapa une maladie qui, détruisant sa gorge, le rendit presque inaudible. Avec l’âge, le visionnaire devint quasiment aveugle, tandis que les mains et les pieds se couvraient d’ulcères purulents. Mais quand il parlait, on voyait l’intelligence briller sur son visage et l’éclairer de sa lumière… il devenait alors vraiment beau. On dit qu’un peu de sueur coulait sur son front et sa douceur transparaissait.

Héritier de la tradition antique, qu’il fait briller de ses derniers feux, dépositaire ultime du legs platonicien, qu’il reprend sous une forme originale. Au centre de sa réflexion, le problème du beau, dont l’analyse permet de déboucher sur les grands axes de sa problématique. Il a l’expérience de la beauté, de son importance et de son caractère multiforme ( beauté dans la nature, dans les arts, beauté morale ) et se demande comment les expliquer. Après avoir montré que la beauté est une question de « proportions des parties », Plotin livre sa propre interprétation, qui consiste à dire que le sentiment du beau nous rattache à ce qu’il a identifié comme étant le « principe de toute chose », à savoir l’Un, le Bien. 

La beauté est quelque chose qui est sensible au premier aspect, que l’âme reconnaît comme intime et sympathique à sa propre essence, qu’elle accueille et s’assimile. Mais, qu’elle rencontre un objet difforme, elle recule, le répudie et le repousse comme étranger et antipathique à sa propre nature. C’est que, l’âme étant telle qu’elle est, c’est-à-dire d’une essence supérieure à tous les autres êtres, quand elle aperçoit un objet qui a de l’affinité avec sa nature ou qui seulement en porte quelque trace, elle se réjouit, elle est transportée, elle rapproche cet objet de sa propre nature, elle pense à elle-même et à son essence intime.

Liberté et volonté

Il étudie d’abord la liberté humaine, conçue comme une capacité de faire ou ne pas faire quelque chose, sans contrainte. Se pose alors la question de savoir si suivre sa nature, c’est encore être libre. Une fois traitée cette question de la liberté humaine, Plotin se demande si Dieu, si il existe ( c’est-à-dire l’Un ) est libre. La question de la liberté se confond alors avec l’idée que Dieu est en quelque sorte « cause de lui-même », qu’il s’est créé lui-même. En effet, qu’est-ce qui a existé en premier ? À cette question métaphysique, Plotin répond qu’il s’agit d’une réalité incompréhensible, qui est au-delà de la raison, mais dont on peut savoir qu’elle est parfaitement une et qu’elle s’identifie au Bien. 

Cependant comment a-t-elle fait pour se créer elle-même ? Il y a une contradiction dans l’idée même que quelque chose ait existé en premier : « Mais, nous objectera-t-on, il résulte de ce que vous dites que Dieu a existé avant d’avoir existé ; car, s’il s’est fait lui-même, d’un côté en tant que c’est lui-même qu’il a fait, il n’existait pas encore, et, d’un autre côté, en tant que c’est lui qui a fait, il existait déjà avant lui-même ». Cette capacité du premier principe à décider de lui-même est donc ici abordée comme une forme supérieure de liberté.

Le bien et l’unité

Le traité sur le Bien et sur l’Un est chronologiquement le premier grand traité dans lequel Plotin expose sa métaphysique. Comme beaucoup de philosophes avant lui, il soutient que le monde dans lequel nous vivons a été formé par un être divin intelligent. Mais il se démarque en affirmant très clairement que cet être intelligent n’est pas le premier principe de toute chose, et qu’il provient lui-même d’autre chose. En effet cet être intelligent est nécessairement multiple, et à la source de toute chose, il faut au contraire un principe qui soit parfaitement un, qui ne renferme aucune multiplicité. Plotin admet finalement trois principes divins. D’abord l’Un qui dépasse la raison, puis l’Intellect qui émane de l’Un, et enfin l’Âme (du monde) qui organise le monde sensible.

De polémiques peuvent toujours émmerger.

Olivier Bonald

Hypnothérapeute spécialisé dans la Déshypnose dans le Val d'Oise, Olivier propose des consultations d'hypnose pour déshypnotiser le quotidien. Ses consultations sont des accélérateurs de thérapie. La conscience des mots va vous permettre de changer vos pensées de façon positive afin de créer l’histoire dont vous rêvez.

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